Tout se joue au pupitre ci-dessous — doigt ou souris, le premier appui démarre l'audio.
Au clavier (optionnel) : Espace kick, B basse, C/O charleys,
L boucle, H charleys on/off, 123 motif,
M montée, T lead, N étape du plan, D DJ, R réinitialiser.
Motifs (une case = un seizième de temps) :
1 = K·BB (ton « Pa, ‿ Pa Pa ») 2 = KBBB (roulant) 3 = K·B· (offbeat).
Charleys (voie fixe) : fermé sur les cases 2 et 4, ouvert sur la 3 — le contretemps, le « tss » qui fait danser.
audio : pas encore démarré — touche un bouton
— remet les valeurs de référence, celles où tout se verrouille.
La barre verte est une note de basse ; les barres orange sont ses échos, sur une grille de 4 temps (16 seizièmes, les traits épais marquent les temps). Chaque écho vaut « réinjection » fois le précédent — une décroissance exponentielle, encore elle. Avec un temps d'écho de 3 sur une grille de 4, les échos balaient les contretemps au lieu de marteler la même case : c'est LE truc rythmique du délai psytrance (3 et 4 n'ont aucun diviseur commun — l'écho met 3 mesures à retomber sur la note).
À gauche, la table de torsion : chaque valeur d'entrée (horizontal) est remplacée par sa valeur de sortie (vertical). La diagonale grise serait un fil droit — rien ne change. La courbe orange écrase les crêtes : plus la « quantité de gras » monte, plus elle s'aplatit tôt. À droite, l'effet sur une vague : la crête rasée n'est plus une courbe douce — et toute vague déformée contient des harmoniques nouvelles. C'est de la synthèse inversée : la basse rabote son spectre au filtre, la saturation en refabrique par-dessus. Le gras, c'est ça.
Voici la salle elle-même : sa réponse à un claquement de doigts. Du bruit blanc (le gris — des milliers de réflexions désordonnées) qui meurt sous une enveloppe exponentielle (l'orange). Au bout de « taille de salle » secondes, il en reste un millième : -60 dB, la définition officielle du temps de réverbération. Le ConvolverNode rejoue cette empreinte entière pour chaque échantillon du morceau, à sa hauteur — c'est ça, la convolution. Un passe-haut fixe à 350 Hz garde kick et basse hors de la salle : on ne réverbère jamais le grave, c'est de la boue garantie.
Le secret de la 303 : sur chaque note, la coupure du filtre (orange) part « wah » octaves au-dessus de sa base (pointillés) et retombe pendant la note. La bosse de résonance voyage avec elle et siffle sur chaque harmonique de la dent de scie qu'elle croise en descendant — c'est le « couac ». Trois enveloppes cohabitent donc dans une seule note : la hauteur (glissade), le volume, et la coupure — c'est elle qui parle le plus fort.
Le bandeau noir sous le pupitre est piloté par les événements de
déclenchement, jamais par analyse du signal. Un analyseur de spectre
devine, en retard et en flou, qu'un kick a peut-être eu lieu ;
notre moteur, lui, sait — il a planifié chaque note ~100 ms à
l'avance avec son heure exacte. Chaque note annonce donc sa figure, datée
sur l'horloge audio, et la scène la révèle pile quand l'oreille l'entend —
le principe des vrais light-shows : des ordres de régie, pas des micros.
Le vocabulaire : l'axe horizontal est la hauteur (échelle
logarithmique, comme nos spectres) — kick en onde au sol (orange),
basse en pastilles (vert) qui voyagent avec la mélodie, charleys en
étincelles (bleu), lead en losanges (rose). La montée est une marée qui
mange le bas de l'écran — exactement ce que fait son filtre passe-haut au
grave — et le drop, un éclair blanc. Toutes les extinctions sont notre
décroissance exponentielle. Deux horloges cohabitent : l'écran redessine
~60 fois par seconde, le séquenceur planifie en avance — l'horloge audio
est l'arbitre entre les deux.
Fait : les quatre chantiers du son calibrés sur ta référence (Fire Age, Blastoyz) — délai, saturation, réverb, lead acide — plus la couche événements (plan & réel) et la couche visuelle (la scène). Dernière couche du brief : le Web MIDI — optionnel, et tout devra continuer de marcher sans contrôleur branché.
Une intention par ligne : c'est ton scénario, écrit AVANT de jouer. Pendant le live, le prompteur t'affiche l'étape en cours et la suivante — tu n'as plus qu'à jouer. 📋 suivant (pupitre, ou N) marque l'étape comme faite : ce passage est daté et consigné dans le réel, ci-dessous. Le plan est une intention, pas un contrat — le réel notera de toute façon ce qui s'est vraiment passé.
—
Une « direction » = 2 à 4 paramètres tirés au sort, chacun avec un sens et une force.
Pousser : avancer dans la direction. Reculer : l'annuler, pas à pas.
Repartir en avant après un recul : nouvelle direction, tirée depuis là où tu es.
Ne plus toucher (2,5 s) : adopté — ça devient la nouvelle base, le curseur revient à zéro.
La course est exponentielle : chaque quart de course double l'effet.
La première moitié travaille en finesse ; à fond, c'est le paroxysme — déraisonnable, et c'est fait exprès.
Au doigt : maintiens les boutons sous le curseur (comme tenir une touche).
Au clavier : ↑ pousser, ↓ reculer.
terrain d'exploration : (volumes, tempo et accord restent intouchables : on explore le timbre et les notes, pas le mix)
pousse le curseur (ou ↑) pour tirer une première direction
Presser (boucle lancée) : un filtre passe-haut global se met à grimper et
mange le grave de tous les instruments, pendant qu'un souffle montant gonfle
la tension — jusqu'au premier temps de la mesure d'après. Là, le drop :
le filtre lâche instantanément, le grave revient pile sur le kick, et
l'exploration en cours est annulée net — même poussée au paroxysme,
tout retombe sur la base. Pousser à fond pendant la montée est donc sans risque :
le drop est un filet de sécurité autant qu'un effet.
—
Il n'a aucun accès privilégié : il pousse le vrai curseur d'exploration,
déclenche de vraies montées, change les motifs, tire des mélodies, coupe les
charleys — tout ce qu'il fait, tu peux le faire (et le défaire) à la main,
même pendant qu'il joue. Son « goût » tient en trois règles : il agit
sur les temps et un seul geste à la fois ; après un drop il
laisse respirer ; plus il a poussé loin, plus il a de chances de
rejeter — le paroxysme est rarement bon, mais il faut tenter.
Ses décisions s'écrivent dans le réel ci-dessous, signées 🤖.
Tout geste qui compte finit ici, daté en temps musical (mesure.temps) et signé : 🖐 toi, 🤖 le DJ, 💥 les drops, 📋 les étapes du plan. Les curseurs qu'on frotte en continu n'y sont pas — un événement est un geste discret ; c'est l'adoption d'une exploration qui en est un. Lire ce journal après coup, face au plan, c'est voir OÙ le live a dévié — et c'est souvent là qu'il était bon.
— (rien encore : le réel commence au premier geste)
Chaque colonne est un temps (la mélodie boucle sur 2 mesures), chaque ligne un demi-ton.
La bande sombre au milieu, c'est la racine : la note du kick.
Clique dans la grille pour déplacer une note. Pas de gamme imposée — l'oreille tranche.
Seize cases = une mesure en seizièmes. Clique pour poser une note,
re-clique dessus pour l'effacer : le silence est une vraie valeur —
une ligne acide se dessine autant par ses trous que par ses notes.
Chaque note part de la hauteur de la précédente et glisse
(curseur « glissade »), pendant que son filtre s'ouvre et retombe (le « wah »).
Racine du lead = racine de la basse, deux octaves plus haut.